Des pilotes américains de l’Air Force…

L’histoire du bomber commence dans les années 30 sur le dos des aviateurs de l’Air Force américaine. Uniforme officiel, il va évoluer au fil des années pour s’adapter aux besoins des pilotes : les deux premiers modèles à voir le jour, le A-1 suivi rapidement par le A-2, étaient en cuir marron épais, avec un col en fourrure, des épaulettes en cuir et deux poches rabat pour se réchauffer les mains. Avec l’apparition d’avions plus puissants, la veste d’aviateur se modernise : le B-15 est plus léger pour s’adapter aux cockpits étroits, en matière synthétique, doté de poches zippées en diagonale et toujours ce col en peau de mouton. Dans les années 50, le blouson devient le MA-1 : c’est le plus proche du modèle que l’on trouve aujourd’hui. En nylon, avec une couche de laine (remplacée ensuite par le polyester) pour tenir chaud, il comporte une doublure orange ultra visible en cas d’accident et d’un col en tricot ne risquant pas de se prendre dans le harnais du parachute. Sauf que le nylon prend feu en cas de crash : le CWU et sa matière ininflammable le remplace en 1970. 

… Aux skinheads de Brixton

Véritable symbole de l’héroïsme patriotique en pleine guerre du Vietnam, le bomber devient populaire auprès des jeunes américains si bien que l’armée décide de le commercialiser auprès du grand public. Sa popularité, il la doit aux skinheads, un mouvement anglais dissident issu des Mods aux comportements violents : pièce maîtresse de leur invariable accoutrement avec le jean moulant et les Dr. Martens montantes, ils contribuent aussi à donner une mauvaise réputation au bomber dans les années 70. 

Le bomber s’impose au cinéma et sur les défiles…

Au début des 80’s, le bomber va commencer à se détacher de la mauvaise image qu’on lui prête et faire ses premiers pas à Hollywood. Porté par des sex-symbols comme Steeve McQueen dans Le Chasseur ou Tom Cruise dans Top Gun, le blouson d’aviateur redevient fréquentable et se fait une petite place dans les magazines de mode. Blouson iconique des années lycée sous l’égide de la marque Schott, il se voit offrir une caution couture notable grâce aux nombreux créateurs qui en font progressivement une veste féminine : Balenciaga, Proenza Schouler, Marc by Marc Jacobs ou encore Alexander Wang. Le bomber se métamorphose au fil de leurs inspirations, faisant de cette pièce un blouson en perpétuelle évolution. 

… Puis dans la rue

Mais il faut attendre l’avènement du hip-hop dans les 90’s pour que le bomber prenne une dimension plus universelle. Symbole d’une jeunesse urbaine et stylée, il se porte avec des tenues larges à base de baggies et investit aussi le milieu du rap. Les années 2000 voient le bomber porté par des stars internationales (Madonna, Jay-Z, Usher, Kanye West) dans des modèles plus fittés et dont l’épaisseur des manches a été quelque peu réduite. Et même si aujourd’hui la mode est davantage à une silhouette près du corps, le bomber a su évoluer toute en gardant ce qui a fait son succès et il ne montre aucun signe de déclin.